Mardi 11 septembre 2018
J’ai beaucoup marché cet été. Au sens propre comme au figuré, je pense que l’air de rien, j’ai fait du chemin.

Cela fait maintenant un mois que j’ai pris l’habitude d’aller au cours de danse à pied. The Place n’est qu’à 35 minutes de marche de chez moi et, croyez-moi, marcher d’un bon pas pendant tout ce temps-là, c’est un excellent début d’échauffement. Surtout comme ça, de grand matin, avant même d’arriver au studio pour le cours pro ! Marcher m’ôte le stress de rater le bus, m’évite le bain de foule du métro, et me permet de limiter les dépenses liées aux trajets que je fais sans arrêt pour prendre ou donner des cours de danse aux quatre coins de Londres.
Tous mes groupes n’ont pas encore fait leur rentrée, mais quand le trimestre sera tout à fait lancé, je donnerai 6 ou 7 cours de danse par semaine et je participerai à 3 cours supplémentaires en tant qu’assistante. Oui, ça commencer à rouler, mais tout ça ne me permet pas encore de gagner assez que pour être vraiment indépendante.
Je poursuis donc aussi, en parallèle à ma route d’élève et de prof de danse, le chemin sans fin des recherches d’emplois et d’opportunités. Mon rythme de croisière ? Envoyer une candidature par semaine (parfois deux), que ce soit pour participer à un festival, décrocher une date de représentation, donner une heure de cours en plus ici ou là.
Quand on randonne dans la vallée de sa carrière, il faut savoir tirer son plan et suivre les bons panneaux. Je m’applique donc à cibler les annonces auxquelles je réponds, et à écrire des lettres de motivation ou envoyer des vidéos uniquement vers les organismes et les gens avec lesquels je sens une connexion.

Hier, ces démarches m’ont menées à Wood Green, dans le Nord de Londres, à la rencontre de la jeune directrice d’un collectif de danse-théâtre. Je postulais pour le job d’assistante dans une série de sessions de danse qui commence la semaine prochaine. Vers la fin de l’entretien, on a parcouru le plan de cours que j’avais préparé. Elle a eu l’air emballé et m’a téléphoné deux heures plus tard pour m’annoncer qu’elle m’offrait le poste … de dance leader, et non celui d’assistante !
Dance leader, not dance teacher. J’aime cette nuance. Au lieu du titre de “prof de danse”, je me qualifierais volontiers de “guide dansistique”. Au fond, comme une guide touristique, je fais voyager les gens dans l’espace et le temps. Je leur fait entendre des musiques du monde et goûter à des rythmes venus d’ailleurs. Je fais de mon mieux pour leur donner le goût de mettre un pied devant l’autre et tracer leur propre chemin. Parce qu’un jour, ils le feront tout seuls. Peut-être même dès demain.







