Publication de Printemps

[FRANÇAIS] Il est grand temps de partager avec vous ma toute première publication : un article que l’association People Dancing, à laquelle je suis affiliée, m’a proposé d’écrire en décembre dernier. La graine d’idée qui a germé pendant l’hiver a été publiée dans l’édition de Printemps 2022 du magazine Animated (animé). Voici une traduction française de l’article, paru sous le titre original From Score to Site: Shaping a Solo Practice. Lisez bien jusqu’à la fin pour ne pas manquer la mise à jour que j’ai ajoutée au bas de la page ! Et pour ceux et celles qui voudraient lire mon article en anglais, suivez le lien ici à droite.

[ENGLISH] It’s time to share my very first publication with you all: an article commissioned by People Dancing, the community dance artists’ association which I’m a member of. I was asked to write this article last December. The seed of an idea took shape over the winter, and the article has now been published in the Spring 2022 edition of Animated magazine. The full text is available here as a PDF and a French translation is also offered below. Please scroll all the way down to read the update I added at the bottom of this post!


De la Partition au Lieu: Façonner une Pratique en Solo

Souvent, je danse seule, sans autre partenaire ou public que du sable, des ombres ou des pierres. Les dimanches ou quand j’ai du temps libre, j’explore, j’observe et je me mets au diapason d’espaces extérieurs jusqu’à ce que des mouvements émergent. Ensuite, je laisse les formes, les sons et l’atmosphère des lieux me guider. J’ai récemment réalisé que cette habitude d’improviser dehors pourrait être bien plus qu’un loisir. Ce que je fais spontanément depuis un certain temps peut aussi se définir comme une pratique créative en chorégraphie in situ.

Danse d’automne à Leicester (Novembre 2021)

L’automne dernier, je me suis inscrite à l’atelier Tree Time, un évènement offert par Helen Poynor dans le cadre du programme Perspectives sur la Pratique, proposé par l’association People Dancing. Avoir une date limite pour y participer et savoir que d’autres praticien.nes à travers tout le pays allaient s’engager dans la même activité m’a aidée à planifier et donner de la valeur à ma propre expérience. Un dimanche d’octobre, je suis allée au parc à pied et, contrairement à l’habitude, ce temps était cadré comme une opportunité de développement professionnel. Caméra dans le sac pour capturer des preuves de ma présence sur les lieux, j’étais prête à enregistrer quelques unes de mes explorations improvisées pour peut-être les partager un jour.

Avant de commencer, je me suis assise sur un banc pour relire la partition avec attention. Être priée de mettre les notes de côté pour me plonger dans la pratique de manière ininterrompue, ça m’a bien plu. Libérée de la feuille de papier, sac posé sur l’herbe, je me suis sentie légère et disponible, mon pull à capuche vert foncé créant un bon sentiment d’harmonie entre mon corps et les arbres. L’activité ne nécessitait pas d’écouteurs, ni rien qui aurait pu détourner mon attention. J’ai donc rapidement trouvé un flux de mouvement inspiré par ce que je sentais et voyais.

Une partie de moi était tentée de rester à la surface et d’exécuter confortablement les actions suggérées, pour en finir avec la partition sans la compliquer. J’avais même prévu d’ignorer l’invitation à s’allonger sous un arbre. Incapable de m’imaginer allongée dans ce parc, j’avais anticipé que je me sentirais gênée et mal à l’aise avec le regard des gens sur moi. Mais j’ai fini par m’allonger. Capuchon sur la tête, j’ai éprouvé un paisible moment d’émerveillement, en me reposant à même le sol juste en dessous de “mon” arbre, les yeux levés vers le ciel si lointain et haut au-dessus de moi. En ayant pris mon temps et fait confiance au processus, j’avais permis à mon être en mouvement de se glisser facilement dans un état où de nouvelles possibilités émergent, et où les blocages mentaux et peurs disparaissent.

Si la pratique solitaire et auto-dirigée de la danse in situ peut parfois s’avérer futile ou isolée, suivre la partition de quelqu’un d’autre avait l’avantage de remplir cette session de sens et de connexion. C’était comme entendre la voix d’un.e prof de danse dans ma tête, guidant ma pratique. Le modèle PERMA, une théorie du bien-être, suggère que trouver du sens et une forme d’accomplissement dans nos activités contribue au bien-être psychologique. Pour moi, le sens de la vie et de ma pratique artistique provient principalement des connexions à d’autres personnes. Bien que les arbres, coups de vent et mots lus sur la partition aient été d’agréables compagnons, l’expérience de Tree Time m’a laissé la sensation d’un manque d’accomplissement, parce qu’elle ne m’a pas fourni d’interactions humaines directes. Quelques semaines plus tard, j’ai donc téléphoné à Helen Poynor pour me renseigner sur sa série d’ateliers intitulée Walk of Life (domaine de vie, ou milieu). Au printemps prochain, si tout se passe bien, je me rendrai à la source de sa pratique pour découvrir des partitions similaires avec un groupe de pairs.*

D’une praticienne à une page, vers l’expérience personnelle d’une autre praticienne, qui produit de nouvelles pages comme celle que vous lisez en ce moment, Tree Time roule à travers des cycles de mots écrits et de prestations incorporées. La partition a touché plus de 130 personnes. Quelques unes d’entre elles ont laissé une trace en écrivant, dessinant ou filmant un aperçu du temps qu’elles ont passé parmi les arbres. N’hésitez pas à prendre cet article pour nourrir vos propres explorations : le cycle va continuer de cette façon.

Dancing outside in Beer, Devon (March 2022)

Cet article, publié pour la première fois dans l’édition de Printemps 2022 du magazine Animated, est traduit ici avec la permission de People Dancing. Tous Droits Réservés. Cliquez ici pour plus d’information.

*La petite note que je peux maintenant ajouter, c’est que j’ai effectivement passé un week-end de mars au village de Beer, dans le Devon, pour un atelier animé par Helen Poynor. J’y ai mené de nouvelles explorations dansées en extérieur, à la fois en groupe et en solo, comme illustré ci-dessus en photo.

This article, first published in the Spring 2022 edition of Animated, is reproduced by permission of People Dancing. All Rights Reserved. Click here for more information.

*The brief footnote I can now add is that indeed, I spent a March weekend in the village of Beer, in Devon, for a workshop led by Helen Poynor. There, I conducted new site dance explorations, both with a group of fellow participants and on my own, as illustrated by the photo above.

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