Dimanche 4 février 2018
Ce texte, ceux et celles d’entre vous qui étaient au théâtre The Place le 23 janvier dernier l’ont entendu, apprécié et demandé en version écrite. Le voici donc :
Reste dans l’ombre.
Reste dans l’ombre.
Écoute, observe
Sans dire un mot.
Ensuite, enfin, lève la main.Si mon ombre avait un bruit,
il serait doux,
ça ne fait pas l’ombre d’un doute.
Pas menaçante pour un sou. Rien à craindre.
Vous, dans la pénombre.
Elle, aussi.
Sur un pied d’égalité,
Ou à peu près.Surtout, surtout, surtout : ne pas vous faire de l’ombre.
Prendre toute la lumière ?
Devant vous, dans l’obscurité ?
Qui m’y autorise ?
Qui m’en empêche, hein ?
On échange ?Des parts d’ombre …
Des doutes …
En pleine lumière.
Du bruit. Ma respiration, le martèlement de mes pas.
Bouger. Plus vite que mon ombre.Plus vite que mon ombre ! M’arrêter ? Au risque de vous ennuyer ? Non ! Vous n’êtes pas là pour ça. Vous ayez choisi de passer votre soirée à l’ombre des jeunes filles de fleur, des danses de jeunes chorégraphes émergentes, prometteuses … Originales ? Ou suiveuses ? A leurs côtés, je ne suis sans doute que l’ombre de moi-même. Balbutiante. Débutante. Vulnérable.
L’ombre de Londres,
Mes héros, ces géants,
Fantômes de The Place,
Chorégraphes, enseignants,
Hantent mes mouvements,
Hantent mes pensées.Naviguer sur leurs traces, ne pas sombrer
L’illusion : les suivre comme leur ombre. Y croire !
Je n’arriverai … ja-mais
Je n’arriverai peut-être jamais à les dépasser.
Seulement les suivre !
Discrète, muette comme une ombre,
Non, pas muette comme une tombe.Vivante.
Pour aller de l’avant.
Texte écrit et enregistré par Yanaëlle Thiran pour Swapping Shadows
Première : Londres, 23 janvier 2018.
Photos : Madeleine Rose Elliott
Costume : Akshy Marayen
Lumières : Sally Somerville-Woodiwis





